Vous approchez de la quarantaine et envisagez une reconversion professionnelle ? Se lancer peut être véritablement libérateur. Pour autant, il faut bien mesurer les risques et les enjeux de ce changement de direction.

Saisir les opportunités

Vous avez l’impression d’avoir fait le tour de ce que votre métier actuel peut vous offrir ? Vouloir changer de métier à 40 ans, c’est une sensation bien légitime. D’autres secteurs que le vôtre vous attirent et vous avez envie de relever de nouveaux défis avant que le mot « fin » vienne s’afficher au bout de votre carrière professionnelle. C’est possible.
Ce n’est pas forcément facile, mais c’est tout à fait envisageable. Vous aurez d’autant plus de chances de franchir le pas et de donner une nouvelle direction à votre carrière en toquant à des portes entrouvertes : envisagez plutôt de postuler dans les secteurs et entreprises qui recrutent. Pour cela, tendez l’oreille. Profitez d’un déjeuner avec un ami pour apprendre que sa structure est à la recherche de personnel ; rendez-vous à la machine à café pour découvrir que le service à l’étage au-dessus du vôtre envisage de s’agrandir ; furetez du côté des sites qui diffusent des offres en phase avec vos aspirations…

Mesurer ses chances

La sagesse de la quarantaine vous conduira alors à être réaliste. Soyez conscient de vos chances de réussite à convaincre un employeur. Si vous êtes comptable depuis 17 ans, vous ne deviendrez pas coiffeur du jour au lendemain. En revanche, revenir à vos premières amours (vous adoriez le dessin) et vous former à une nouvelle technique (le dessin assisté par ordinateur, par exemple) est envisageable.
Pour mieux cerner vos aptitudes, vos potentiels… et pour appréhender ce qui, dans vos expériences passées, va être utile dans celle à venir, rien de mieux qu’un bilan de compétences. Rapprochez-vous de Pôle Emploi ou d’un centre de formation pour adultes. À 40 ans, on identifie plus clairement ses aspirations. Reste alors à déterminer ce que l’on saurait faire avec le plus d’aisance.

Assumer les risques

Avant de donner votre démission en tant qu’instituteur pour devenir fabricant de bijoux, il y a deux ou trois questions à vous poser. Votre foyer peut-il assumer une diminution de revenus, le temps de vous former ou de vous lancer dans un nouveau projet ? Si ce n’est pas le cas, il y a différentes stratégies à mettre en place pour compenser cette baisse de revenus potentielle : vous faire aider par Pôle Emploi en cas de licenciement ou de rupture conventionnelle, opter pour des stages rémunérés…
Autre question essentielle dans le cadre d’une réorientation : votre ego va-t-il supporter de repartir de zéro, de redevenir un débutant ? À 40 ans, être le petit nouveau dans une structure alors qu’on maîtrisait parfaitement son sujet dans l’ancienne peut s’avérer déconcertant. En contrepartie, vous apprendrez et relèverez de nouveaux défis. Et ce sera particulièrement grisant !

Sauter le pas

Avant de vous lancer, prenez un maximum d’informations sur votre nouveau métier, rencontrez des personnes qui l’exercent, questionnez-les sur les qualités requises, les contraintes et les débouchés, et vérifiez que vous possédez des atouts à mettre en avant pour convaincre. Certes, vous n’avez pas d’expérience dans ce domaine, mais vous avez de l’expérience : faites de tous vos atouts transposables une force. Vous n’avez que 40 ans et donc encore de nombreuses années à donner le meilleur de vous-même.
Si vous exercez un métier qui ne vous motive pas vraiment, le quotidien risque de devenir frustrant et monotone. En outre, plus tard, ce sera sans doute plus difficile de franchir le pas, faites-le tant que vous en avez le désir et l’énergie, et qu’il vous est encore facile d’apprendre. Enfin assurez-vous du soutien de vos proches, dont vous forcerez certainement l’admiration, et ne quittez pas en trop mauvais termes vos collègues et responsables actuels, on ne sait jamais…