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La place des femmes dans le bâtiment

Si le bâtiment a la réputation d’être un milieu d’hommes, et que certaines idées reçues ont la vie dure, telles que la forte pénibilité des métiers ou la prétendue force physique indispensable pour les ouvriers du BTP, il n’en reste pas moins le secteur se féminise, petit à petit.  

Alors que le BTP connaît une pénurie de main d’oeuvre, il y a fort à parier que la tendance va s’accentuer. 

Mais quels sont les chiffres de la place des femmes dans le bâtiment ? Quels sont les postes qu’elles occupent actuellement ? Quels sont les atouts qu’une femme apporte sur un chantier ? Quels blocages subsistent à la féminisation des métiers et comment y remédier ?  

 

La part des femmes dans le bâtiment : les chiffres

Il faut savoir que la part des femmes dans le bâtiment reste assez faible. La Fédération Française du Bâtiment (FFB) estime qu’elles ne pèsent que 12,3% du total des travailleurs. 

Cependant, la progression de cette proportion a été fulgurante ces dernières années : +50% entre 2000 et 2013. C’est dire si la place des femmes était anecdotique dans les métiers du bâtiment avant les années 1990 !

De plus, il s’agit d’une croissance régulière : alors que l’emploi féminin dans le secteur de la construction représentait 8,6% en 2000, il s’élevait à 11,9% en 2015.

Si tous les métiers du BTP connaissent une féminisation progressive, ce sont les fonctions d’employés et techniciens qui comptabilisent le plus de femmes : leur proportion était de 46,1%. Suivent les fonctions de cadre : les femmes représentaient 18,4% en 2017, et 19,4% en 2018. C’est d’ailleurs à ce niveau hiérarchique que leur progression est la plus importante. 

A un niveau ouvrier (CAP ou équivalent), les femmes ne représentent que 1,5% des effectifs.

Enfin, les femmes sont très présentes dans les postes de directions des entreprises du bâtiment : plus de 50% de ces dernières sont dirigées ou co dirigées par une femme. Une proportion qui ne devraient pas évoluer à la baisse. En effet, près de 40% des entreprises du secteur vont être à la recherche d’un repreneur dans les 10 ans à venir, selon la FFB. Or, cette situation est particulièrement favorable à la féminisation puisque les femmes sont très actives dans la reprise d’entreprise. 

 

Quels sont les postes les plus “féminisés” dans le BTP

Selon la FFB, plus le niveau de formation initial est élevé, plus la proportion de l’emploi féminin est important. 

C’est donc sans surprise que les postes de technicien et d’employé comptabilisent la part de femmes la plus importante. Elles sont par exemple surreprésentées dans les postes relatifs à la gestion et à l’administration. Elles sont également nombreuses dans les fonctions commerciales, dans une moindre mesure. 

Les fonctions de cadre sont de plus en plus occupées par des femmes : les postes d’ingénieurs, ou d’encadrement sur les chantiers ne sont plus l’apanage des hommes, bien au contraire.

En revanche, les métiers d’ouvriers, présents sur les chantiers et sur le terrain, sont encore peu pourvus par les femmes. (voir : pourquoi cette faible féminisation des métiers du BTP ?).

 

Pourquoi cette faible féminisation des métiers du BTP ?

Si la place des femmes dans le BTP est en nette progression, certains freins persistent et entravent l’accession de la gente féminine à certains types de postes. Pourquoi ? 

Premièrement, les femmes méconnaissent les métiers du BTP, voire s’autocensurent. Ainsi, peu d’étudiantes connaissent vraiment l’ensemble du panel des métiers dont regorge le secteur du bâtiment ou des travaux publics et peu les considèrent donc comme une voie envisageable pour elles. En cause, l’image encore très “masculine” des métiers du BTP.

Deuxièmement, les métiers du bâtiment souffrent encore d’une image de pénibilité très forte, qui constitue un blocage pour de nombreux jeunes, a fortiori pour les jeunes femmes. En effet, dans l’imaginaire collectif, les conditions de travail en extérieur, par temps difficiles, exigent une grande résistance et force physique, et découragent les femmes qui pourraient être attirées par le secteur de suivre cette voie. 

Troisièmement, les femmes qui ont fait le choix de suivre une carrière dans le BTP peuvent être confrontées à certaines résistances de la part de leur collègues, voire subordonnés, masculins. Sur les chantiers, il n’est pas rare qu’elles soient encore victimes de comportements machistes, ou soient la cible de préjugés en raison de leur sexe.

 

Les atouts des femmes dans le secteur de la construction

Pourtant, la présence des femmes dans le BTP en général, et sur les chantiers en particulier, a des effets bénéfiques. 

D’abord parce qu’elles sont souvent bien formées. Peu de femmes viennent au bâtiment par hasard, donc peu d’entre-elles apprennent “sur le tas”. Elles développent donc des méthodes de travail très abouties et peuvent apporter un regard neuf sur certaines pratiques et usages.

Ensuite parce que leur présence est appréciée par les commanditaires des chantiers, voire apparaît comme un élément rassurant. Selon la FFB, les clients du bâtiment louent leur rigueur, leur retenue (à l’inverse de certains ouvriers du bâtiment qui peuvent se montrer grossiers), et le soin apporté aux détails (les chantiers sont plus propres). 

Enfin, les femmes seraient davantage diplomates et plus patientes : elles auraient donc une propension plus importante à savoir gérer et régler les conflits sur les chantiers.

 

Les facteurs qui favorisent la féminisation des effectifs dans le BTP

En raison des atouts non négligeables de la féminisation des métiers du BTP, plusieurs actions sont menées pour améliorer les conditions de travail, l’image du secteur et la connaissance que les femmes ont des métiers du bâtiment et des travaux publics : 

– la progression technologique, logistique et mécanique a largement contribué à améliorer les conditions de travail. Ainsi, les métiers, même ceux qui induisent de la manutention, ne réclament plus autant de force physique qu’auparavant et deviennent tout à fait accessibles aux femmes. De même que les engins de chantier sont de plus en plus fonctionnels pour tous les types de travailleurs.

– la professionnalisation de la filière du BTP implique une demande de plus en plus forte d’une main d’oeuvre formée, organisée, apte à gérer ses travaux dans le respect des normes et des règles de sécurité : des éléments favorables à la féminisation

– les engagements étatiques et des fédérations professionnelles : la FFB a signé un protocole en 2000 avec le ministère de l’Equipement et des partenaires de la branche BTP ; la CAPEB a signé en 2015 un plan pour la mixité avec l’État…

– les campagnes de communication valorisantes pour la place des femmes dans le secteur du BTP (notamment à l’initiative de la FFB), à l’image des Trophées de la femme dans le Bâtiment, visant à mettre en avant des parcours inspirants et provoquer l’attirance des jeunes générations.

– l’action des associations (l’association des femmes du Bâtiment, « Habiter au quotidien ») qui démocratisent l’accès des femmes aux métiers du BTP.

 

Conclusion

Si la féminisation progresse dans le secteur du BTP, le chemin à parcourir reste encore long avant que la parité soit une réalité. Les obstacles relatifs aux préjugés et aux idées reçues sur la profession sont toujours vifs, mais tendent à s’effacer devant la professionnalisation accrue et les actions mises en place par les autorités publiques et les fédérations du bâtiment et des travaux publics. 

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